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Les entreprises sont-elles prêtes pour la LOM ?

Par ocean ocean le 29/08/2019, publié dans Actualités

Il s’agit d’un dossier brûlant de la rentrée : la loi d’orientation des mobilités (LOM), qui sera à nouveau discutée entre députés et sénateurs. Résolument ambitieuse, elle prévoit notamment la fin des ventes de véhicules thermiques d’ici 2040 et l’instauration de quotas de véhicules à faibles émissions lors des renouvellements de parcs privés. Une question se pose alors : les entreprises sont-elles prêtes à intégrer ce bouleversement annoncé ? Une enquête du Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) publiée récemment nous fournit plusieurs éléments de réponse.

Répartition du parc : le diesel l’emporte largement !

Il suffit d’un bref état des lieux pour comprendre le défi lancé par la LOM. Selon le CGDD, le parc actuel des personnes morales (entreprises et administrations) est composé à 79% de véhicules diesel. Qu’en est-il des motorisations alternatives ? Sans surprise, leur part est très faible puisqu’elles ne représentent que 4% du parc des sondés, avec 3 % de véhicules électriques et 1 % d’hybrides essence.

Cette répartition est-elle amenée à évoluer sur le court terme ? L’enquête du CGDD  Les flottes de véhicules des personnes morales, Caractéristiques et perspectivesmenée auprès de 200 entités concernant leur utilisation de VP et de DVP nous apporte quelques éclairages intéressants.

Si l’on se fie à l’enquête, la réponse penche clairement vers le non, avec seulement 30% des sondés qui envisagent d’acheter des véhicules à motorisation alternative dans les trois prochaines années. Toutefois, les intentions d’achat varient fortement selon la taille de la structure puisque 53% des structures de plus de 500 salariés affirment une intention d’achat.

 Quels freins à l’achat des véhicules à faible émission ? 

Les principaux freins pour l’acquisition des véhicules à faible émission sont tout d’abord économiques, du fait de coûts plus élevés pour 22% des sondés. En second lieu, l’achat de motorisations alternatives ne fait pas partie des projets de l’entreprise (22%). Viennent ensuite une autonomie plus limitée pour les véhicules électriques (20%) et une inadéquation aux besoins métiers (10%) ainsi que le manque de visibilité sur la réglementation et la fiscalité à long terme (8%).

Au-delà de ces facteurs bloquants, l’enquête précise : « Si la majorité des entreprises souhaitent intégrer des motorisations alternatives, elles ne l’envisagent souvent que de façon expérimentale et dans de faibles quantités, indique le rapport. Cela est dû au fait que peu d’entités sont prêtes à assumer un surcoût. » Le rapport poursuit : « de nombreux gestionnaires hésitent dans leurs intentions d’achat, car le marché est en pleine évolution et ils souhaitent donc attendre que le marché soit plus mature. »

Comment inciter les entreprises à se tourner vers les motorisations alternatives ?

L’enquête nous fournit une piste intéressante : un petit coup de pouce de l’État pourrait être la solution ! D’après les réponses observées, cette éventualité se pose puisque 31% des gestionnaires citent les aides financières comme principale mesure incitative, suivie d’un développement plus important des réseaux de bornes de recharge (22%).

Une autre piste pour inciter le recours aux motorisations alternatives ? Très logiquement, une tendance forte ressort : si les sondés souhaitent une « offre bien structurée (modèles, prix, bornes de recharge) », ils sont également sensibles aux mesures réglementaires.

À ce sujet, l’enquête précise : « Plus de la moitié des gestionnaires indiquent que la limitation de la circulation en ville pour les véhicules les plus polluants et le décret sur les véhicules à faibles émissions pourraient influer significativement sur leur politique véhicule ou l’organisation de leur activité. Plus d’un tiers d’entre eux pourraient également être sensibles à des mesures de fermeture de voies d’accès en ville ou des conditions de stationnement privilégiées pour les véhicules les moins polluants. »

Si l’impulsion de l’État apparaît comme une solution efficace pour davantage de véhicules à motorisation alternative sur le court terme, une question se pose alors : cette impulsion doit-elle s’imposer via des mesures réglementaires ou privilégier des mesures incitatives ? Le dosage restera à définir !

 

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